Le mot « sens » en français est très riche de… « sens », c’est le cas de le dire.
Y a-t-il un « bon sens » du mot « sens »?
Quand on parle de « sensorialité », on pense immédiatement aux 5 sens « officiels » de la perception humaine que sont la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher.
Quand on demande qu’est ce que « ça » sent, on fait référence exclusivement à l’odorat.
Quand on dit de quelqu’un qu’on ne peut pas le « sentir », on fait allusion non pas à un manque d’odeur mais à une réaction de rejet face à quelqu’un qui nous déplaît. Peut-être que certaines personnes émettent des phéromones qui nous signalent qu’elles nous sont hostiles et que c’est de ce phénomène physique que vient l’expression « ne pas sentir quelqu’un » qui s’est étendu à tout ce que nous « inspirent » ses gestes, ses paroles, ses attitudes?…
Nombreuses sont les aptitudes et les compétences qui sont portées par l’expression « avoir le sens de »: « avoir le sens de l’humour », « avoir le sens des priorités », « avoir le sens de l’honneur », « avoir le sens du détail », « avoir du bon sens », etc.
Les « sens », au sens large, comprennent tous les outils mentaux qui nous permettent de nous positionner intérieurement et extérieurement, de nous situer dans un cadre local et global, de nous connecter à notre corps, à notre identité, à nos valeurs, à donner un sens à notre vie grâce à tous les liens affectifs, institutionnels, administratifs, linguistiques, culturels, matériels et spirituels qui nous relient à l’ensemble des phénomènes visibles (les apparences) et invisibles (la fonction des êtres et des choses, leur fonctionnement intérieur, sans parler des entités métaphysiques surnaturelles, les défunts, les esprits, les fantômes, etc.)
« Sentir » les choses, c’est être en capacité de comprendre les situations, être capable de se situer par rapport à elles, connaître sa place ou savoir la définir parmi les autres, savoir mesurer sa propre importance, être conscient de sa valeur absolue et relative au sein du groupe, savoir poser des objectifs personnels et collectifs et maintenir le cap vers ces derniers.
Pour donner un sens à sa vie, il faut savoir trouver sa place dans le groupe parmi tous les gens qu’on côtoie, trouver sa place en tant qu’espèce dans l’écosystème, trouver sa place en tant qu’entité matérielle et spirituelle dans le continuum universel.
***